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La ferme de Keruzan

IMG_4059Le 16 octobre dernier, quelques membres de Chemins équitables sont allés à la rencontre de Aurélie et Steeve qui travaillent à la ferme de Keruzan à Saint-Jean Brévelay.

Comme on le voit de plus en plus souvent, ce jeune couple installé en 2008 n’est pas issus du milieu agricole… ni de la région.

Originaires de la Vendée mais ne trouvant pas de terres, ils sont venus dans le Morbihan sur des terres convenant à leur projet.

 

 
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La ferme s’étend sur 7 ha dont 3,5 ha en prairie humide. Les autres 3,5 ha sont des bonnes terres pour les légumes sur lesquelles ont été installés trois tunnels de 350 m². Une partie des plants cultivés provient du lycée agricole tout proche du Sullio.

 

 

 

 

 

IMG_4057Les prairies humides sont utilisées en pâture pour la jument  (Chanelle) et l’âne (Hector).

En effet, Aurélie et Steve ont décidé d’expérimenter un mode de culture encore peu répandu : la traction animale. Loin d’un retour en arrière, ce choix est pour eux évident tant les avantages sont nombreux.

Steve, qui a effectué une formation en traction animale, nous a montré les outils associés à cette pratique, notamment la cassine, un porte outil polyvalent pouvant être manipulé facilement par une seule personne.

Pour faciliter l’usage de la traction animale, les légumes sont produits sur des billons, de petites buttes séparées par une allée sur laquelle marchent l’âne ou la jument guidés par Aurélie tandis que Steve dirige l’outil.

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La ferme est en bio et possède le label AB depuis 2011. Ce dernier n’est pas affiché sur les lieux de
vente, par choix de ne pas en faire un argument commercial.

Les circuits de commercialisation

•    la vente des paniers à la ferme (le mardi soir), à l’Amap d’Elven et chez le boulanger « Idées
de Pains » à Locmaria-Grand-Champ
•    les marchés de Saint Jean Brévelay (le vendredi soir) et de Granchamp (le samedi matin),
•    quelques légumes sont vendus à la cantine de l’école de Saint Jean Brévelay.

La vente sur les marchés représente environ 80 % des débouchés.

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La ferme de Kerhors

En janvier notre régime alimentaire est en bonne partie constitué de soupes, de gratins, de potées…, les jours s’allongent sensiblement et quelques signes extérieurs nous annoncent l’arrivée prochaine du printemps. On s’impatiente, on trépigne car on a hâte de sortir au jardin, découvrir les premières fleurs et préparer le potager qui accueillera les légumes pour nos salades, nos accompagnements de grillades….on se voit déjà en été.

C’est en janvier que « Chemins équitables » a proposé une visite à Plumelec dans un potager grand format où les légumes produits en culture biologique se retrouveront peut-être sur nos tables quand notre potager montrera ses limites….Nous y sommes accueillis par Yves Jardin en une après-midi fraîche mais ensoleillée !!!

Yves nous a parlé de son parcours, de son choix de s’installer en maraîchage bio, de son travail de producteur, de la commercialisation de ses produits et de ses perspectives d’avenir. Rencontre très intéressante avec un homme motivé et serein !  »

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[wptabtitle] Son installation[/wptabtitle] [wptabcontent]Son installation

L’avantage du maraîchage c’est de pouvoir s’installer sur une petite surface (entre 5 et 10 ha). Il paraît très intéressant d’être présent sur place aussi avant de faire les installations sur la ferme, Yves et son épouse Véronique décident de rénover une habitation qui tombait en ruine. Depuis 3 ou 4 ans, ils recherchaient une ferme pour s’installer à 20 km autour de Colpo là où ils résidaient. Par l’intermédiaire du notaire de Plumelec, ils ont été en relation avec un agriculteur en retraite qui se séparait de sa ferme par petits bouts. L’espace sur lequel ils se sont installés se compose d’une surface de 7 ha d’un seul tenant (6 ha utile). Le champ était restée en friche depuis 2004, ils en deviennent alors propriétaire début 2007. C’est une terre de bonne qualité pour les légumes avec une zône humide à préserver et la possibilité de constituer une réserve d’eau pour l’irrigation. En plus de la culture plein champ, ils ont installé deux tunnels d’une superficie de 900 m2 au total. Il s’agit là d’un complément pour la préparation des plants et pour quelques légumes (salade, épinard, cresson, mâche, endives,…). Yves pousse les gens à faire leur propre jardin potager. L’intérêt c’est d’avoir les pieds sur terre, savoir comment ça pousse, et d’être sensibilisé à la culture des légumes. A certaines périodes de l’année, il n’y a plus grand-chose chez soi aussi les amateurs de bons légumes sont amenés à s’approvisionner ailleurs.[/wptabcontent]

[wptabtitle] Son parcours[/wptabtitle] [wptabcontent]Son parcours

De formation agricole, il obtient un BTSA en 1988 puis il part comme volontaire au Togo dans le cadre du service civil. Là il participe à la mise en place d’un projet autour de la traction animale. C’est là qu’il découvre véritablement le type d’agriculture dont il souhaite s’inspirer pour la suite à son retour en Bretagne. Il décide alors de se diriger vers l’agriculture bio. Et il suit la formation en agriculture bio au Rheu (35) pendant 6 mois. Par la suite il va exercer dans de nombreux endroits notamment en Biocoop, à la Chambre d’agriculture de Hte Vienne comme conseiller en AB (pendant 7 ans) . Il travaille également pour Ecocert dans le contrôle des installations bio. Puis il souhaite s’installer lui-même et va travailler un an sur une ferme qui fait du maraîchage bio à Sulniac. Il apprend à cultiver les légumes tout en cherchant un lieu pour s’installer. En 2007, il vient s’installer, avec son épouse à Plumelec après avoir fait les travaux nécessaires sur l’habitation puis sur la ferme. Un an plus tard, au printemps 2008, la production peut commencer et les premières ventes commencent doucement avant l’été.[/wptabcontent]

[wptabtitle] La production[/wptabtitle] [wptabcontent]La production

La production est constituée d’un grand choix de légumes (45 légumes différents) afin d’offrir de la diversité qui permet une vente attrayante presque toute l’année. En effet à la fin de l’hiver, c’est la fin de saison et pour cette année il y aura une petite coupure en février car les stocks diminuent assez rapidement ! Certaines cultures demandent plus de travail mais permettent d’étoffer l’offre. C’est le cas des endives qui nécessitent pas mal d’opérations : semis, binage, arrachage, transport dans le tunnel, blanchiment, récolte, nettoyage.

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Mais cela constitue un plaisir pour Yves de proposer un produit de qualité à une saison où il n’y a plus beaucoup de légumes. Bien sûr, il ne faut pas voir la rentabilité sur un seul légume mais prendre en compte l’ensemble de la production sur l’année pour calculer les bénéfices. Un point important pour le maraîchage c’est la nécessité de disposer de suffisamment d’eau tout au long de l’année. Même si l’an passé a été une année plutôt humide (surtout en été), il a fallu quand même 1000 m3 d’eau pour l’arrosage et le lavage des légumes ! La réserve d’eau qui a été faite a une capacité d’environ 2000 m3 alors attention aux années sèches ! Il va falloir gérer l’eau au mieux et pourquoi pas envisager de récupérer l’eau de pluie ? Pour les plants de légumes, Yves s’approvisionne à Sulniac et depuis peu St Jean Blay au lycée horticole du Sullio qui s’est lancé dans la culture des plants bio. Le stockage des légumes se fait soit dans un local clos à température ambiante, ou bien dans une chambre froide à 8- 10 ° C en permanence. Cela permet une souplesse de travail et de limiter les pertes pour les légumes les plus fragiles (betteraves rouges, salades, poireaux, …). Yves nous a présenté le local pour la vente puis le matériel agricole qu’il utilise qui se résume principalement à un tracteur, une charrue, une planteuse, une herse rotative, cultivateur, canadien. Une dérouleuse pour le paillage plastique a été achetée en commun avec une autre ferme sur Guéhenno (Brémelin). [/wptabcontent]

[wptabtitle] La commercialisation[/wptabtitle] [wptabcontent]La commercialisation

Pour le moment Yves est seul à travailler sur la ferme mais en saison il a besoin de main d’œuvre (ouvrier agricole, stagiaire) pour assurer l’ensemble de la production. Il estime que la ferme peut offrir un emploi à temps plein d’avril à octobre. Les prévisions de production et de vente réalisées avant l’installation se sont révélées en décalage avec les résultats réalisés après moins d’un an d’exercice. En effet les chiffres réalisés sont environ deux fois plus élevés que le prévisionnel ! Ce démarrage très encourageant à été possible avec la diversification des modes de distribution.

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  • L’ AMAP d’Elven (23 paniers hebdomadaires actuellement).
  • Le marché de Plumelec le samedi matin avec de nombreux clients réguliers
  • La vente à la ferme sous forme de panier commandés ou bien vente en vrac

Le système de panier (une cinquantaine actuellement) semble le mieux adapté à la vente directe car il limite le travail et les pertes (tout ce qui est commandé est vendu) et engage le producteur et le consommateur dans une relation sur la durée en conservant une certaine souplesse. Par contre la vente sur le marché permet de toucher d’autres clients, d’échanger sur la culture et l’utilisation des légumes (conseils).[/wptabcontent]

[wptabtitle] L’agriculture biologique[/wptabtitle] [wptabcontent]L’agriculture biologique

Le sens du travail en agriculture bio pour Yves, c’est avant tout une démarche logique et cohérente en faisant le mieux possible sans produits chimiques. Le label AB paraît indispensable car il garantit les pratiques de culture respectueuse de l’environnement et permet de fournir des produits de qualité. C’est un moyen de vérifier que le producteur va au bout de la démarche. Actuellement il y a bien plus de demande que d’offre et cela risque de conduire à importer des produits bio (sans avoir nécessairement les mêmes garanties) qui pourraient très bien être produit en Bretagne ! Le bio représente seulement 1,5 à 2 % de la production française ![/wptabcontent]

[wptabtitle] Conclusion[/wptabtitle] [wptabcontent]Conclusion

En conclusion, Yves nous a avoué être confiant pour 2009 même si une pression plus importante se fait sentir pour cette seconde saison car l’attente des consommateurs est bien réelle. Concernant son temps de travail, il l’estime à 9h/jour en basse saison et jusqu’à 12h en pleine saison ! Pour les perspectives, il envisage de partager le marché avec des jeunes qui s’installent sur St Jean cette année pour répondre à toutes les demandes et d’embaucher quelqu’un pour la production. Projet très intéressant, mûrement réfléchi par Yves et son épouse (qui travaille au GAB), cela devrait donner l’idée à des jeunes ou un peu moins jeunes (Yves vient de dépasser la quarantaine) de suivre le mouvement à condition de trouver la terre et d’obtenir les financements nécessaires pour investir (environ 100 000 € pour Yves). [/wptabcontent]

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